Samarkandomania 

Publicités

Ou là où le ciel commence

A travers ce projet l’artiste cherche les motivations de l’utilisation abondante voire obsessionnelle du bleu dans ses propres projets et propose l’histoire horizontale de la couleur bleu.

Dans la série de ses travaux, le bleu est tellement présent qu’il est devenu la partie de son identité visuelle. A la question: pourquoi «le bleu»? l’artiste explique que ce n‘est pas Klein, ni Tarrel, mais bien l’hommage à la ville de Samarkand. Samarkand, une des plus anciennes villes en Asie Centrale, existe depuis le 8ème siécle av. J.-C. 

A côté du site archéologique d’Afrasiab, Samarkand a connu les règne de sogdiens, sassanides, turcs, perses, d’Alexandre le Grand, Tamerlan. Chaque étape de l’histoire a apporté une couche supplémentaire dans la signification de la couleur bleu par le biais des cultures, des religions, des mentalités différentes.

Depuis le néolithique Samarkand a des sources d’élément  bleu: bleu d’outremer, azur, bleu foncé, turquoise, et bien plus. La ville est le coffre de légendes et de mythes de toutes sortes.

Selon l’un d’eux, Ulugh Beg, astronome et sultan, a invité des derviches qui dansaient sur du papier trempant leurs pieds dans du pigment bleu.

Après la danse, Ulugh Beg a comparé les empreintes des pas des danseurs laissés sur le papiers avec le positionnement des étoiles sur la carte du ciel. Cette association est la liaison de la vie de la couleur bleu à tout l’univers. 

C’est l’hommage à toute l’histoire de la couleur bleu, pas seulement celle qui a été écrite, publiée en Occident, mais bien aussi celle qui est encrée et imprimée dans les codes orientaux.

D’après l’artiste aujourd’hui l’histoire de la couleur bleue est verticale. Les historiens occidentaux l’expliquent de leur point de vue en ignorant parfois les entières mentalités des regions géographiques, la présence de cette couleur dans d’autres cultures notamment musulmane. En même temps la sémiotique d’autre cultures est à part également. Dans le monde de globalisation, ce fait est illogique pour l’artiste. 

De ce fait elle propose d’introduire le système horizontal de l’histoire du bleu. Au final ce sont les histoires couleurs de ciel qui ne font qu’une, comme le ciel qui n’a pas d’hiérarchie devant les cultures, nations, les arts, les états. Peut-être grâce à cette approche horizontale «la révolution dans l’histoire occidentale de la couleur bleu de XIIème siècle» pourrait être explquée notamment l’introduction du bleu dans la mode. 

Cette couleur non grata avant le XIème siècle, ne possédait pas de nom propre dans les langues romanes mais devint la couleur du pouvoir royal surtout en France par la suite. Le manteau bleu du roi Philippe Aguste est le porteur du symbole du ciel comme cela fut chez les musulmans, dans les cultures nomades d’Asie Centrale et plus tard chez les Karachannides, Seljukides. 

L’artiste emet l’hypothèse que cette motivation d’introduire la couleur bleu dans le code couleur royal et chretien vient des cultures orientales observés lors des croisades.

En effet, en Orient la couleur bleue est la couleur de ciel, du cosmos, de la spirutualité et donc de l’intelligence. Au cours du IXe siècle  le style décoratif présent dans les les mosquée» devient de plus en plus populaire et rentre dans le quotidien et dans les foyers. 

Ce phénomène s’est accentué au XIIe siècle lorsque le soufisme a été officiellement reconnu par l’islam orthodoxe et de sa séparation avec l’ascétisme.

ce projet a été diffusé pour la première fois à @Nowroozfestival

X
%%footer%%